Historique

 

2010-2012 / L’émergence d’une nouvelle coopération 

 

En créant le pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Sorbonne Paris Cité, en 2010, ses huit membres fondateurs (les universités La Sorbonne Nouvelle, Paris Descartes, Paris Diderot et Paris 13, Sciences Po, IPGP, Inalco, EHESP) avaient pour ambition commune de se hisser parmi les vingt premières institutions mondiales. Ils s’inscrivaient pleinement dans l’objectif d’une meilleure lisibilité du paysage académique parisien et de sa métropole, y occupant une place déterminante par sa richesse disciplinaire, sa taille et la diversité de ses membres.

Grâce aux nouvelles coopérations tissées dans ce nouveau cadre, les quatre universités et les quatre grands établissements du PRES Sorbonne Paris Cité souhaitaient ainsi accroître leur potentiel en recherche et en formation au cœur et à l’interface des disciplines.

Conscients de l’excellence scientifique que constituait ce regroupement à travers les synergies disciplinaires, et des coopérations scientifiques, pédagogiques ou administratives qui pouvaient s’y développer, les établissements ont élaboré en 2011 le projet d’Initiative d’excellence.

Cette candidature répondait au dispositif mis en œuvre par le gouvernement visant à doter la France de cinq à dix regroupements universitaires en mesure de rivaliser avec les meilleures universités du monde.

Centré sur le concept « d’excellence », l’appel à projets insistait sur plusieurs points :

  • le rayonnement international avéré et projeté des candidats,
  • le développement de l’impact économique de la recherche,
  • la professionnalisation des études et l’égalité des chances,
  • l’importance de la gouvernance des institutions et de leur pilotage

Si les moyens accordés devaient être concentrés sur un « périmètre d’excellence » qu’il revenait aux établissements de définir, le projet devait assurer la cohésion d’ensemble et surtout un « effet d’entraînement », en créant une dynamique au-delà de l’IdEx. Cet appel à projets était lié à d’autres opérations conduites dans le cadre des Investissements d’avenir, notamment les sélections de Laboratoires d’excellence (LabEx), d’Equipements d’excellence (Equipex), d’Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU) et de Sociétés d’accélération du transfert technologique (SATT).

Le projet d’Initiative d’excellence porté par Sorbonne Paris Cité a été conçu comme une dynamique permettant d’amplifier les actions de recherche et de formation les plus remarquables de Sorbonne Paris Cité, il renforçait leurs capacités à entraîner l’ensemble du PRES vers des performances accrues par de multiples décloisonnements et par l’élargissement des choix et des partenariats.

Partant des ressources existantes organisées soit en projets d’excellence déjà soumis au programme des Investissements d’avenir, soit en projets propres visant des objectifs spécifiques de très haut niveau, il s’agissait de stimuler la prise de risque scientifique, la constitution de programmes structurants à forte portée internationale, l’essor d’écoles doctorales encore plus attractives, la recomposition de certains services et de certaines fonctions supports pour gagner en efficacité et redéployer des moyens, en particulier vers la valorisation de la recherche.

En 2012, le projet, rebaptisé Université Sorbonne Paris Cité est l’un des lauréats du programme IdEx des Investissements d’Avenir (PIA 1). Il s’agissait alors d’un IdEx intégré ne disposant pas d’une personnalité morale autonome. L’EPCS Sorbonne Paris Cité avait donc la responsabilité juridique du fonctionnement du projet et en assurait la mise en œuvre. Ce dossier portait le projet d’une université unifiée à l’horizon 2016, année du réexamen du dossier par le jury international.

 

2012-2016 / Une mise en œuvre complexe

 

Compte tenu de sa taille et de sa diversité et du fort positionnement national et international de ses membres, le PRES ne pouvait préfigurer une fusion immédiate de ses établissements membres. En revanche, il recélait un potentiel de synergies et des opportunités scientifiques et pédagogiques considérables.

Dès lors, les membres fondateurs ont pensé une mise en oeuvre du projet respectant tout à la fois les engagements pris et les spécificités de chaque établissement.

La loi dite Fioraso de juillet 2013, en préconisant la construction de systèmes universitaires tels que les communautés d’universités et d’établissements, semblait apporter aux membres de Sorbonne Paris Cité une réponse à leur difficulté. Mais si la COMUE répondait à la nécessité de structuration du territoire en proposant un modèle de gouvernance plus souple, elle n’incitait pas à une gouvernance plus intégrative.

En 2016, dans son évaluation du projet IdEx, le jury international a considéré que la création de la COMUE USPC ne pouvait être assimilée à l’université de recherche intégrée telle que présentée dans le projet de 2012 et a recommandé l’arrêt de l’IdEx Sorbonne Paris Cité.

Les établissements ont analysé les raisons de leur échec. Ils ont également fait le constat du besoin, pour certains d’entre eux, de construire un nouvel établissement plus visible, plus intégré, plus reconnaissable internationalement. Les quatre universités partenaires ont alors proposé de lancer une réflexion sur la création d’une nouvelle université née de leur rapprochement.

La puissance académique et scientifique des établissements rassemblés, et leur volontarisme affiché a convaincu le Commissariat général à l’investissement de proposer au jury international le réexamen du dossier IdEx en décembre 2017.

 

2016-2017 / De l’échec à la reconquête

 

Le dernier trimestre 2016 et le premier semestre 2017 ont donc été simultanément consacrés à l’étude des conditions de création de cette nouvelle université à travers un état des lieux et une première phase exploratoire, et à la définition des orientations d’un nouveau projet IdEx en vue de créer une université de recherche intensive de rang mondial. Le travail accompli durant cette période a impliqué un grand nombre de collaborateurs, d’enseignants chercheurs et d’étudiants et ainsi nourri le projet.

A l’issue de ces travaux, les réflexions ont convergé en faveur d’un périmètre d’université cible resserré autour de trois établissements : les deux universités Paris Diderot et Paris Descartes, et l’IPGP, en lien étroit avec les autres partenaires.

Cette université cible issue d’établissements forts et de rang mondial chacun dans leur domaine, s’appuiera sur une recherche de haut niveau et offrira à ses étudiants l’opportunité de parcours diversifiés.

Le projet porté aujourd’hui offre l’occasion d’une accélération du changement. Il s’inscrit en cohérence avec les politiques conduites jusqu’alors. Il les prolonge et leur offre l’occasion d’une intégration à une autre échelle.

La labellisation Initiative d’excellence sera un atout décisif pour le projet mais pas la condition de celui-ci. Il ne s’agit pas d’additionner les forces et les établissements en présence mais bien de les recomposer, en favorisant les fusions comme les diversifications et en mettant en valeur une véritable transdisciplinarité.

L’objectif du projet Université Paris 2019 est de former un ensemble d’excellence, complet et attractif au sein de la société française (étudiants, partenaires socio-économiques) comme à l’échelle internationale.