Les universités Paris Descartes et Paris Diderot et l’institut de physique du globe de Paris se sont engagés dans un processus de transformation de leurs établissements visant à la création de la future « Université de Paris ». Si les deux universités sont amenées à fusionner lors de cette transformation, l’IPGP y sera pleinement intégré en gardant sa personnalité morale. Pourquoi ?

 

 

 

L’institut de physique du globe de Paris, partenaire historique de l’université Paris Diderot, et dont la fondation remonte à presqu’un siècle (1921), est devenu un grand établissement d’enseignement supérieur et de recherche en 1990. Ce statut lui a été attribué suite à une prise de conscience progressive de l’État, notamment après la crise volcanique de la Soufrière de Guadeloupe en 1976, de la nécessité d’avoir en France une institution capable de posséder des capacités opérationnelles spécifiques et garanties sur le long terme permettant d’acquérir et de mettre à disposition de la communauté des données scientifiques de haut niveau sur l’état des trois volcans actifs français (Réunion, Martinique, Guadeloupe), et d’être une institution scientifique de référence qui puisse être un interlocuteur fiable des autorités et de l’État.

L’institut de physique du globe de Paris est une institution d’enseignement supérieur et de recherche intensive en charge de l’observation permanente (surveillance) des processus telluriques (volcanisme, sismicité, champ magnétique). L’IPGP a la responsabilité des observatoires des trois volcans actifs français, observatoires qu’il opère avec ses moyens propres et ceux que le CNRS lui délègue. L’IPGP opère de même un réseau de 33 stations sismiques et 11 observatoires magnétiques sur toute la planète, ainsi que l’observatoire magnétique national de Chambon-la-Forêt. Parmi les personnels affectés à l’IPGP, ceux du corps des CNAP (Corps National des Astronomes et Physiciens) ont en plus de leurs missions de recherche et d’enseignement, une mission statutaire d’observation.

Pour effectuer ses missions, l’IPGP doit avoir une gouvernance forte et unique qui intègre recherche, observation et enseignement. Ce doit être une institution de recherche intensive pour permettre le développement des meilleures techniques d’observation et de modélisation, et la réalisation des meilleures interprétations scientifiques des données d’observation. L’IPGP doit pouvoir compter sur des moyens dédiés et sécurisés sur le long terme (personnels, dotations, instrumentation, locaux) pour garantir l’observation continue sans interruption, la transmission rapide et continue des données d’observation (qui servent par exemple à l’alerte aux tsunamis) et une réactivité très rapide en cas de crise (trois mois avant l’éruption de la montagne Pelée qui tua les 30 000 habitants de la ville de Saint-Pierre le 8 mai 1902, le volcan ne donnait aucun signe « très anormal » d’activité).

L’intégration de l’IPGP dans la future université comme une des quatre regroupements de composantes du nouvel établissement, permettra à l’IPGP de participer à la définition de la stratégie globale en recherche et en enseignement de l’université, de l’appliquer et de la suivre, tout en maintenant l’autonomie nécessaire à la réalisation de ses missions.